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Le compte n’y est pas !

Alors que le haut du Breuil est massacré, la communication et le marketing de la majorité municipale font tout pour faire croire que « deux mini-forêts » peuvent remplacer des bois abritant une biodiversité remarquable !

Greenwashing et marketing

Novembre 2021 : Haut du Breuil, des milliers de m2 de bois et de verger détruits. Dans le même temps, et cela ne peut pas être un hasard, la majorité s’active pour planter deux petites surfaces à l’intérieur du parc central, juste à côté de l’espace qui devait accueillir une belle dalle de bitume de 2100m2.

Campagne publicitaire sur le site de la ville :
« Venez planter une mini forêt » le 4 décembre

Le principe est de planter arbres et arbustes,sur de petits espaces, une densité extrême de végétaux (3 arbres au m2). Chiffre considérable puisque pour le parc central, il est prévu sur 2x200m2 environ 1200 végétaux. Tout cela pour obtenir une « forêt de 100 ans en seulement 10 ans » !

Bande de 3 m de large seulement :
219 m2 plantation d’une mini-forêt dite comestible.

Ce concept japonais des années 1970 du botaniste Akira Miyawaki est arrivé en force très récemment dans les pays occidentaux, il a été repris par les maires des grandes villes (Paris, Toulouse, Bordeaux…) sur les rares espaces disponibles (friches, bordures de périphérique etc).

Plantation sur les talus du périphérique…
bien différent de la situation dans un parc public
qui pourrait accueillir facilement des arbres

La majorité a justifié cette plantation du mois de décembre comme un moyen de lutter contre le réchauffement climatique et les ilots de chaleur urbain ! Qui peut être opposé à une action présentée ainsi ou contre des actions participatives et citoyennes ? Pas nous bien évidemment !

Faisant face à la bande étroite,
222 m2 en forme de cœur

Or nombreux sont les spécialistes (écologues, architectes paysagistes, forestiers) qui dénoncent ce concept aux arguments, non pas scientifiques, mais « marketing », bien vendus par des associations et des sociétés, et valorisé par des personnalités politiques qui veulent se verdir !

Mini-forêt : un concept remis en cause

Notre propos n’est pas de nier les très nombreux services écologiques rendus par les arbres et les forêts aux populations urbaines, ni même de contester les enjeux de la végétalisation des villes. Seulement il faut appeler un chat un chat, un arbre un arbre, un bosquet un bosquet, et une forêt une forêt.

The Conversation, février 2021 , Média d’experts et chercheurs indépendants
  • Une forêt n’est pas mini : Elle se définit par la biodiversité qu’elle héberge et par la complexité des interactions créées entre tous les organismes vivants (= écosystème forestier). Cela prend du temps…Rien de tel sur un espace aussi petit que 200m2 en plein parc public très fréquenté. Les végétaux qui sont de jeunes plants vont être mis à rude épreuve « un moyen de se donner bonne conscience sous couvert de science ». En écologie la notion de taille de l’espace compte !
  • Un arbre ne peut pas être mature en 10 ans : La forte densité implique que les végétaux vont chercher la lumière en prenant très vite de la hauteur. L’arbre devient un fût gracile et son sommet feuillu sera peu développé, fragile. Des grandes perches « au pied d’argile » sans système racinaire étendu et profond pour résister aux coups de vent. L’impression ne sera que visuelle du fait de la densité. Et la biodiversité qui est importante dans les houppiers (sommet de l’arbre) et dans les systèmes racinaires sera réduite.
  • Un concept d’une zone climatique différente : Réalisé en Asie et en Amérique du Sud dans un climat tropical aux écosystèmes différents, ce concept est critiqué pour cela :

 Nous sommes dans un contexte où contrairement au milieu tropical, les espèces ne sont pas faites pour vivre entre elles à forte densité. C’est une illusion d’imaginer que mélanger toutes les espèces d’un écosystème leur permettra de coopérer entre elles. »


Hervé Le Bouler, Ancien responsable forêts de France Nature Environnement (FNE)
  • Forte densité = forte mortalité et fragilité organique : Les rares chiffres des études faites à ce sujet donnent 61 à 84 % de mortalité des arbres 12 ans après la plantation.
Plantation : quadrillage de préparation
avec 3 plants par m2

Ainsi, cette action s’avère être du Greenwashing et une opération de marketing pour faire oublier le massacre de la fin du mois de novembre et les près de 600 logements en cours relevés sur les permis de construire.

Posons-nous les bonnes questions…

Combien d’arbres ont été détruits dans notre commune ces dernières années ? Des milliers sans aucun doute car chaque subdivision de terrain voit encore aujourd’hui son lot de destruction et d’arbres non-remplacés. Et que dire lorsqu’un immeuble prend la place d’un jardin ? Et ce n’est pas le Plan Local d’Urbanisme qui protège. Personne ne contrôle l’application du principe inscrit dans le PLU : « Les plantations existantes doivent être maintenues ou remplacées par des plantations équivalentes d’espèces indigènes ».

Un projet participatif qui n’a pas fait le plein de participants…
Heureusement que le service espace vert a été actif pour planter !

Il y a quelques années, la mode était aux murs végétalisés. Avec le temps, il est clair que ce concept était peu écologique et difficile à pérenniser en extérieur. Il en est de même avec ce concept ultra commercial de mini-forêts. Planter un arbre, c’est savoir être patient et le faire pour les générations futures.

 Face à la crise écologique, on aurait envie d’appuyer sur un bouton pour créer une forêt centenaire sur une place de parking. Or les forêts, c’est le temps long… Sans le vouloir, ils reprennent le même discours que la filière bois en entretenant l’illusion que l’on peut recréer des forêts primaires en claquant des doigts. »

Canopée, Sylvain Angerand
Après plantation d’une « mini-forêt » de petits plants

Végétaliser notre commune est une nécessité mais pas n’importe comment ! Et aménager et planter un parc public ne se fait pas sans réflexion globale sur les usages d’un parc public. Une fois de plus, la majorité joue aux apprentis sorciers, incapable de réfléchir sur l’espace global de la ville et de ses trames. Le nouveau PLU, attendu depuis déjà 8 ans, permettra t-il de donner de la cohérence là où il n’y en a pas aujourd’hui ? Dans un prochain article, nous vous proposerons une autre vision de la trame verte.

Massacre à la pelleteuse !

Au Haut du Breuil, il y a quelques jours, une triste réalité s’est offerte à notre regard. Et pour cause, malgré des années de combat contre la volonté du maire de bétonner cette zone, les pelleteuses sont entrées en action …

Des milliers de m2 d’arbres détruits en pleine ville

Les pelleteuses ont détruit 14 807m2 sur 4 parcelles cadastrales (94-97 et 395) du haut du Breuil qui avaient constitué, au fil du temps, une réserve de biodiversité unique dans notre commune, refuge des insectes, des oiseaux et de toute une faune à l’abri des arbres et de hautes herbes. Tout cela a été détruit en l’espace de quelques heures avec la bénédiction de la majorité municipale qui n’a rien fait pour l’en empêcher !

Destruction des bois et du verger
au Haut du Breuil

Pourtant, Guy Geoffroy avait en janvier 2020 signé un pacte de transition écologique censé être appliqué au sein du conseil du même nom. Instance qui légitime une politique de marketing et de Greenwashing, à l’honneur par nos politiques qui ont des ambitions nationales. Rien d’étonnant après la tentative avortée de réaliser un champ de foire (dalle de bitume de 2100m2).

Vue champêtre :
en bas de la rue du Breuil

Bilan de cette triste journée : rien que sur la parcelle 96, près de 2000m2 de bois ont disparu. A cela s’ajoute les boisements des autres parcelles mais également le verger (parcelle 94) qui accueillait des arbres fruitiers (1400m2). C’est donc une perte considérable pour notre commune qui avait déjà vu s’évaporer une surface équivalente du parc central avec la construction d’immeubles derrière le centre aquatique (-15 000m2). Chaque nouvelle mandature est donc accompagnée de son lot de destruction.

Route de Brie : vue au loin
du bois avant le massacre

Un massacre programmé de longue date

Le souhait de notre maire et l’appétit des promoteurs ont permis une nouvelle phase de bétonisation de notre commune à la fin du deuxième mandat.

L’Est de notre commune, autour du cimetière, est resté pendant longtemps (jusqu’aux années 2000) une zone en partie préservée. Dans cette zone dite d’aménagement concertée, en lieu et place de l’ancien stade de la plaine, a été édifiée le domaine Hélios (+de 80 logements dont trois bâtiments collectifs). Les constructions se sont également installées autour de la ferme des Copeaux avec un programme immobilier dit le « hameau Briard ».

Grignotage en 15 ans
de la zone Est autour du cimetière

Le maire n’a pas stoppé ce développement. Au contraire, le nouveau Plan Local d’Urbanisme mis en place en 2010 dont les règles ont été défini par Guy Geoffroy ne protège pas cette zone (comme de nombreuses autres) par des règles contraignantes pour les promoteurs.

Des stères de bois attendent leur départ et
un écosystème ravagé…les écureuils
sont condamnés mais pas seulement …

Le point de départ de ce massacre programmé a été la mise en vente par la famille Bauer de sa propriété située à l’angle de la rue du Breuil et de la route de Brie. Elle ne souhaitait pas vendre à un promoteur, attachée à la conservation de cette maison et de son vaste verger. Effet boule de neige, d’autres parcelles ont été vendues (cadastre : 95-97 et 345).

Trois maisons détruites …

Plusieurs rebondissements semblent avoir émaillé l’apparition d’un projet destructeur : un retrait temporaire de la vente par la famille, une étude de la SAFER pour l’aménagement de cette zone, l’idée que la commune ferait jouer son droit de préemption, l’incendie de la maison en juin 2017, la mobilisation des riverains dont celle de Bernard Tapie opposé à un programme immobilier non loin de sa propriété. Au final, la famille Bauer a vendu sa propriété et « les nouveaux constructeurs » ont obtenu un permis de construire, malgré plusieurs recours en justice et des actions longues pour interdire ce projet.

Programme de logement individuel :
40 maisons collées les unes aux autres

Ce nouveau massacre ne peut se justifier par le besoin de construire des logements sociaux puisque ce permis permet la construction de 90 logements en pleine propriété dont 50 en collectif et 40 maisons individuelles. La surface de plancher autorisé par le permis de construire est de 6993 m2.

Plan masse du projet : Impression trompeuse qu’une masse végétale
va pouvoir remplacer les milliers de m2 de bois et de verger

Totalement surréaliste, la taille des terrains pour construire une maison fera parfois moins de 150m2. Et le maire affirme que le PLU est très contraignant ! Qui peut encore le croire ?

Des conséquences multiples

Le maire et sa majorité s’étaient bien gardés d’afficher leurs intentions. Cela n’était pas politiquement correct, surtout quand il s’agissait de s’attaquer à la zone sensible et hautement patrimoniale du Haut du Breuil. Elle possède plusieurs propriétés anciennes avec des parcs arborés, dont le moulin du Breuil (XVIIIe siècle) ou encore des propriétés du XIXe comme la maison Marthe Robin. L’ensemble forme ou plutôt formait, une zone à haute valeur écologique.

Image du projet : 50 appartements

Les conséquences sont de plusieurs ordres :

  • La destruction d’une zone de biodiversité
  • La mise en danger et la perte d’identité d’une zone à forte valeur environnementale et patrimoniale
  • La fragilisation de cette zone en pente, accentuée par le bouleversement des sources qui coulent en contrebas
  • L’apparition de problèmes de circulation du fait de l’étroitesse de la rue du Breuil et de la circulation déjà dense de la route de Brie (+200véhicules à prévoir en plus)
Rue du Breuil : une rue étroite
au milieu de la nature …avant le massacre

Pour lutter contre ce type de projet, nous proposons dans le cadre de la révision du PLU pour préserver ce qui peut l’être encore :

  • Une protection des zones sensibles qui devront être redéfinies et listées
  • Une identification et la constitution d’une liste de protection des « Bâtiments remarquables » privés aux qualités architecturales ou historiques
  • L’interdiction du mitage des zones pavillonnaires
  • La création de règles contraignantes environnementales et la végétalisation pour toute nouvelle construction
Des réactions indignées et des actes
qui ne s’oublieront pas !

P.L.U : Quand tout est permis…

Le 17 mai 2021 était déposé au service de l’urbanisme une demande de permis de construire qui montre qu’aucun quartier de notre commune n’est à l’abri de voir pousser un ou plusieurs immeubles au milieu d’une zone pavillonnaire…

Un terrain de seulement 8.88m de large pour deux bâtiments

La densification, en cours depuis près de 20 ans, s’accélère encore. Rien de bien surprenant puisque notre P.L.U (Plan Local d’Urbanisme) est l’un plus permissif qui soit.

Un projet dans un secteur qui possède
l’une des plus belles vues sur l’Yerres

La crainte de voir enfin adopter des règles contraignantes, dans le cadre du futur P.L.U, pousse les promoteurs à démarcher davantage encore les propriétaires pour qu’ils vendent leur bien.

Localisation de la parcelle concernée
par le permis de construire

Le projet qui se situe au 8 rue du haut de la Couture est significatif d’un urbanisme et d’une croissance irraisonnés. Sur un terrain de 830 m2 formant une lanière en forte pente, deux bâtiments abritant chacun 3 appartements ont reçu autorisation de construction le 22 octobre 2021 (2 T4/5 +4 T2).

Largeur de la parcelle : 8.88m

Deux contraintes de taille : la forte pente de plus de 6 %, une largeur de seulement 8.88m pour 86 m de profondeur !

Un terrain étroit en forte pente.
A droite la petite construction qui sera détruite

Qui aurait pu croire qu’avec de telles conditions, il soit possible de construire deux immeubles au milieu d’un quartier pavillonnaire paisible, jusque-là préservé, qui s’ouvre sur le paysage panoramique du val d’Yerres.

Le nombre de parkings obligatoire n’empêche rien !

Ainsi, le permis de construire permettra de créer, après destruction des 39m2 de bâti datant des années 1970, 341.5m2 de surface au sol. Les deux bâtiments n’abriteront pas de logements en rez-de- chaussé afin de permettre le passage des véhicules vers les parkings. Ils auront donc deux étages pour une hauteur maximale de 10.40 m (partie arrière du bâtiment 1).

Coupe du projet :
2 bâtiments l’un derrière l’autre

Le reste du terrain est principalement réservé aux 14 places de parkings (2 par logement +2 places visiteurs), principalement à l’arrière du terrain, en bas de la pente. Il n’a pas été exigé de réaliser des places de parkings sous-abris (sauf 2 places sous carport et 2 sous le deuxième bâtiment).

Plan masse du projet

N’est-ce-pas notre maire qui a affirmé que le nombre de places de stationnement était un frein puissant pour les projets immobiliers sur des petits terrains ? Ce permis de construire démontre bien qu’il n’en est rien et que les règles d’urbanisme qui s’appliquent, maintes fois dénoncées par des combs-la-villais, ne protègent pas les habitants. Sur les 830m2, plus de la moitié (433m2) sont utilisés par la voirie et les parkings. La part restante pour les espaces verts est réduite au minimum (133m2).

Les places de stationnements sont à l’arrière
en bas de la pente : Jardinet inaccessible
et difficulté pour sortir les véhicules

Le toit terrasse sera partiellement végétalisé (environ 50%), une partie des parkings et voirie sera réalisée en Evergrenn (31% de la surface). Ce dernier procédé permettra que l’eau de pluie s’infiltre dans le sol sur une partie des surfaces roulées. Le toit terrasse est de toute manière la seule solution pour ne pas dépasser la hauteur totale autorisée.

Des voisins surpris et indignés par la permissivité du PLU

Plusieurs remarques se sont imposées à eux :

  • Ce type de construction dénature le paysage urbain pavillonnaire et modifie profondément le cadre de vie. Il enlève le caractère végétal et jardiné de cette entité urbaine. Une boîte de pandore qui s’ouvre pour d’autres ventes et d’autres projets.
  • Ces constructions seront la source de nuisances multiples : sonores, visuelles, écologiques. La circulation va augmenter dans une rue étroite. L’implantation des parkings tout près des maisons existantes = nuisances visuelles et sonores garanties !
  • Comment seront gérés les poubelles pour 6 logements les jours de ramassage. Sur 8.88 m de trottoirs, le portail et le portillon ne laisseront que 1.98m de disponible pour mettre les poubelles de ces deux bâtiments !
Deux bâtiments occupant les 8.88m de large
avec un rez-de-chaussée évidé pour laisser passer les véhicules
et un toit terrasse pour ne pas dépasser la hauteur maximale

Et des interrogations sur l’avis favorable signé par le maire de notre commune :

  • Des fondations qui paraissent bien fragiles. Dans la partie basse, les fondations seront hors norme, de moins de 0.6m de profondeur, sur un terrain en pente avec des sols argileux.
  • Le volume de stockage du puisard des eaux pluviales (13m3) est jugé insuffisant par notre agglomération qui a émis des réserves. Aucun avaloir en bas de pente de voirie pour capter les eaux de pluie !
  • La zone arrière abritant 8 parkings est constituée de 4×2 parkings qui sont les uns derrière les autres. En contrebas, un jardinet sans garde-corps (autour d’un mètre de hauteur dans le vide) et sans escalier d’accès ! Pour l’accessibilité, l’entretien et la sécurité, la copie est à revoir.
  • Dans l’article 13 du PLU zone UC il est dit : « Les plantations existantes doivent être maintenues ou remplacées par des plantations équivalentes d’espèces indigènes. ». Or ce qui va être planté ne sont pas des arbres de hautes tiges. Il s’agit d’arbustes et non d’arbres (H=3m). Le remplacement n’est donc pas équivalent. (Cf.  3 arbres dans la partie arrière + 1 devant actuellement) …
Grand Paris Sud : rapport dans le cadre
de sa compétence sur la gestion des eaux pluviales

Ce type de projet permet de comprendre combien notre PLU est permissif et n’a pas protégé les zones pavillonnaires. Cela contredit tous les propos de notre maire. Depuis 2014, nous attendons la révision du P.L.U qui aurait évité ce type de projet destructeur. Aux citoyens d’exiger des normes strictes lors de sa révision qui ne saurait tarder mais dont l’application ne sera que pour 2024… Les destructions peuvent continuer de plus belle ! A qui le tour ?

C’est d’ailleurs le cas au Haut du Breuil. Alors n’hésitez-pas à vous y rendre pour constater le saccage du site, de son verger et de son bois …