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Le plateau d’Egrenay est-il en danger ?

Le plateau d’Egrenay se situe au sud de la commune en direction de Brie-Comte-Robert. Il est devenu le lieu d’un récit rodé, mis en scène par le maire depuis bientôt 30 ans. Un beau récit devenu mythique, qui parle de sauvegarde et de défense du petit paysan et de ses terres fertiles. Notre enquête nous a conduits bien loin de ce mythe, dans une réalité bien différente…

Une nouvelle zone d’activités sur des terres agricoles

Ce qui nous a interpelés, ce sont les propos tenus par Guy Geoffroy lors de la réunion publique du PADD (projet d’aménagement et de développement durable) qui s’est tenue en septembre 2022, étape préparatoire du futur Plan Local d’Urbanisme (PLU).

Propos confirmés à la page 6 du rapport du PADD :

PADD, septembre 2022, p.age 6

Il s’agirait de créer une nouvelle zone d’activité (zone 2AUX, carte ci-dessous) dans le prolongement de la ZAC des portes de Sénart, appelée Ecopole, qui est constituée de la zone déjà commercialisée par son propriétaire, l’EPA (établissement public d’aménagement de la ville nouvelle de Sénart), et d’une autre parcelle de 20 hectares, qui était dédiée à accueillir le projet, heureusement débouté, de Chronopost.

Zone 2 AUX : 45 hectares de
terres agricoles que Guy Geoffroy
veut transformer en zone d’activités

Dans le prolongement de cet Ecopole se trouve donc une zone de plus de 45 hectares (zone 2AUX sur le Plan local d’urbanisme actuel). Divisée en trois parcelles exploitées, aux propriétaires différents, elle longe la Francilienne jusqu’à la ferme d’Egrenay.

Zone 2AUX : trois parcelles le long de la Francilienne
qui buttent, à l’Est, sur la ferme d’Egrenay.

Ces 45 hectares n’appartenant pas à l’EPA, et pour lesquels Guy Geoffroy aurait de grands projets d’aménagement d’une nouvelle zone d’activités, s’ajouteraient aux zones de Parisud et de l’Ecopole, n’accueillant que peu d’activités éco-responsables.

Une nouvelle zone d’activités : est-ce donc un projet pertinent pour l’avenir ?

Une vision politique bien loin de la transition écologique !

Faut-il rappeler que la politique de transition écologique prônée par le gouvernement consiste à arrêter l’artificialisation des sols et son imperméabilisation ? L’objectif est d’aboutir à Zéro Artificialisation Nette des sols (ZAN) en 2050.

Le futur Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT) de l’agglomération Grand Paris Sud, comme le Schéma directeur de la région Île-de-France (Sdrif) doivent s’y soumettre. Notre futur PLU devra aussi s’y conformer. Ces 45 hectares sont des terres agricoles en activité. La première date butoir est 2030, c’est à dire demain, avec une réduction de 50% de l’artificialisation pour les communes. Autant dire que le projet de Guy Geoffroy et de sa majorité n’est pas dans l’air du temps et que ce n’est pas les quelques bandes d’herbes du nouveau parking Lidl qui vont contrebalancer la perte liée à un tel projet d’aménagement !

Egrenay :
un espace de 400 hectares cultivé
par quelques céréaliers et un producteur bio
en bordure de la Francilienne

De plus, la majorité présente ce projet à « la condition expresse » qu’un nouvel échangeur soit réalisé au niveau de la ferme d’Egrenay, une manière assez pernicieuse d’annoncer un investissement supplémentaire espéré mais sans en donner l’impression. On évolue là dans du subtil de haut niveau mais, de toute façon, autant dire que cela ne sera pas pour demain ! Pour plusieurs raisons :

  • Nous avons déjà trois accès (Parisud, Evry-Grégy, Ormeau+ Ecopole) ;
  • Le coût d’un échangeur actuellement est de 15/20 millions d’euros. Qui payera un tel équipement ? Il suffit de voir la colère du maire de Réau qui n’obtient pas la création d’un échangeur alors que la commune subi les lourdes conséquences d’un méga centre de tri logistique dont elle a elle-même facilité l’installation !
  • Techniquement, le site envisagé pour cet échangeur est totalement inadapté à une telle réalisation.
Le Parisien, 3/01/2023, P.34

La question qui se pose est donc la suivante : pourquoi présenter un futur développement économique qui ne cadre, ni avec la réalité, ni avec les objectifs de lutte contre le réchauffement climatique et la préservation des terres agricoles ?

Des injonctions contradictoires qui tuent le mythe …

Le plus surprenant dans ce projet surréaliste est la ferveur avec laquelle la majorité claironne, depuis plus de 25 ans, sur son rôle dans la sauvegarde du plateau d’Egrenay, cible privilégiée des promoteurs immobiliers.

Ce « combat » presque héroïque de la majorité, c’est l’arbre qui cache la forêt, afin de détourner l’attention des Combs-la-Villais sur la bétonisation et la densification de leur ville depuis près de deux décennies. En quelques lignes, ces belles paroles se sont envolées, et ces 45 hectares sont maintenant la cible d’une nouvelle artificialisation sans état d’âme, alors même que les contraintes techniques d’une telle réalisation semblent impossibles.

PADD, Septembre 2023, P. 19
La zone hachurée correspond à la zone 2AUX :
Une trame verte dans la zone d’activité,
un vœu pieux !

Si ce n’est pour détourner le regard des habitants sur les véritables enjeux du futur PLU, alors pourquoi M. Geoffroy et sa majorité ne jouent-ils pas franc jeu concernant le développement supposé de cette zone ?

Bétonisation : une obligation légale ?

La majorité municipale justifie les choix de densification et d’urbanisation de ces quinze dernières années en expliquant que les lois et textes réglementaires qui ont modifié le code de l’urbanisme imposent cette évolution de notre cadre de vie. Penchons-nous sur cette question qui mérite qu’on s’y attarde un peu…

Un PLU « pour les Nuls » …

Sous le terme de PLU se cachent des concepts plus simples à comprendre que vous ne l’imaginez.

Le Plan Local d’urbanisme ou PLU (ancien Plan d’Occupation des Sols, POS) est un document qui présente le projet global d’urbanisme d’une commune. La ville est divisée en zones qui ont toutes un règlement particulier (C’est le plan de zonage).  Les règles d’urbanisme de chaque zone déterminent entre autres la surface constructible, la hauteur de construction et le type de construction autorisés.

Plan de zonage de la commune de 2010

Ces règles doivent prendre en compte les lois qui s’appliquent et qui sont regroupées au sein de ce que l’on appelle le Code de l’Urbanisme. Ce sont principalement :

  • La loi SRU de 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbain. Elle impose à de nombreuses communes de disposer de 25 % de logements sociaux. La loi ALUR adoptée en 2014 (loi pour l’Accès au logement et un Urbanisme Rénové) complète la loi SRU ;
  • La loi Climat et Résilience du 22 août 2021 s’ajoute à la loi de 2010 pour l’Engagement National pour l’Environnement (ENE) dite « Grenelle II ». Cette loi a pour principal objet de stopper l’artificialisation des sols et d’imposer l’économie circulaire en réutilisant les friches urbaines et industrielles.
SDRIF en cours d’élaboration
pour 2024-2040

Ces lois s’appliquent à l’échelle :

  • De la région dans le Schéma Directeur et d’Aménagement d’Ile-de-France, ou SDRIF de 2010 (en cours de révision)
  • De notre agglomération dans le SCoT ou Schéma de Cohérence Territorial (en cours d’élaboration).
  • De la commune (PLU en cours de révision).

Le PLU de la commune doit se conformer au SDRIF et au SCoT.

Est-ce la loi qui a contraint la commune à « bétonner » de la sorte ?

Les choix discutables de ces dernières années trouvent leur illustration, notamment, dans le quartier des Brandons – dont la reconstruction intégrale est présentée par la majorité municipale comme étant une réussite – et le haut de la rue de Varennes qui va voir s’ériger un nouvel ensemble immobilier typique de l’urbanisme réalisé depuis trop longtemps sur notre commune. Deux exemples parmi tant d’autres pour répondre à cette question.

L’exemple des Nouveaux Brandons

Le premier exemple concerne le logement social.

Nous avons déjà écrit deux articles au sujet des programmes de ce quartier. Est-ce la loi qui justifie une telle densification sur cette zone ? La réponse est NON !

La loi SRU impose 25 % de logement social sur une commune mais elle ne lui impose pas un nombre de logements à construire. Plus nous produisons et densifions la ville avec des logements individuels ou collectifs, plus nous devons produire de logements sociaux. Cercle vicieux qui doit être accompagné d’équipements publics pour satisfaire la demande des administrés. A Combs, les équipements ne suivent pas. Écoles, cantines ne pourront pas satisfaire la demande de services qui va croître.

Tranche 1 : les logements sociaux
des nouveaux Brandons : du minéral et pas de végétal

Aucune loi n’impose un nombre de logements à construire, sauf à s’engager dans un contrat avec l’État, ce que la majorité a fait en début d’année. Ce qui va accentuer la densification et les besoins en équipements.

Rien n’impose, au regard de la loi, que les logements sociaux soient tous concentrés dans une même zone : cela va à l’encontre d’une mixité sociale bénéfique au sein de nos communes. Les programmes immobiliers de la tranche 1 des nouveaux Brandons vont à l’encontre de cette logique.

Le programme de logements sociaux des nouveaux Brandons ne répond pas aux besoins que nous savons primordiaux en termes d’espaces verts et de détente.

Vue d’artiste du nouveau quartier des Brandons
en cours de construction

La loi n’a pas obligé le bailleur social à réaliser un programme sans aire de jeux pour enfants et sans aire conviviale pour que les différentes générations puissent se reposer et se rencontrer en extérieur. Le PLU actuel l’a autorisé.

Un espace si peu végétalisé est destiné à devenir un îlot de chaleur dès les premières montées de températures. Une aberration d’un point de vue social, et climatique ! La loi Climat et Résilience interdit aujourd’hui, faute d’espaces verts et de végétalisation suffisante, ce type de programme.

Autre exemple aux Brandons en cours de construction.
Moins d’espaces verts et plus de densité
pour les futurs propriétaires

La nouvelle tranche de 9 immeubles en copropriété actuellement en construction ne fera guère mieux.

L’exemple de la rue de Varennes

Il s’agit dans ce cas d’un programme immobilier avec 60 appartements à vendre du T1 au T4.

Une barre d’immeubles de plus de 60 mètres de long, sans aucune respiration projetée. Un projet qui densifie au maximum, ce qu’autorise malheureusement le PLU actuel. Le maire, lors de la présentation du PADD (Plan d’Aménagement et de Développement Durables) avait pourtant dit qu’il s’engageait à ne pas traiter les nouveaux dossiers de permis de construire et d’émettre un sursis à statuer jusqu’à la mise œuvre du nouveau PLU. Allez comprendre !

La réponse à cette hérésie n’est pas à chercher dans la loi, puisqu’aucune ne favorise ce type de projet. Si la zone autour de la gare est considérée comme une zone à densifier, les textes réglementaires n’interdisent pas de réaliser à cet endroit un programme offrant davantage d’espace vert, en réalisant, par exemple, seulement 40 logements agrémentés d’espaces verts, agréables à vivre et utiles pour lutter contre le phénomène d’îlots de chaleur.  Au contraire, la loi de 2021 va clairement dans ce sens !

Rue de Varennes :
Une barre de 60 m de long : peu de végétal
hormis sur le toit du dernier bâtiment et les parkings enherbés

Le programme autorisé par le PLU se développera sur trois étages au-dessus du rez-de-chaussée. Et c’est bien le PLU qui le favorise, pas les lois qui n’imposent pas une hauteur de construction minimum.

Les lois et les schémas directeurs ont beau constituer des cadres d’organisation, ils n’en laissent pas moins la part belle à l’imagination et à la liberté de décision des maires. Et dans notre commune, la cohérence et l’imagination ne sont pas le fort de la municipalité actuelle. C’est donc aux citoyens, que vous êtes, de donner, le moment venu, c’est-à-dire à l’ouverture de l’enquête publique en juillet prochain, leurs avis et d’exprimer leurs idées auprès du commissaire enquêteur.

T-Zen, ne vois-tu rien venir ?

Le 14 septembre 2022, une réunion publique en mairie avait pour objectif de présenter le diagnostic et le PADD, premières étapes de la révision du Plan Local d’urbanisme (PLU). A cette occasion, le maire a expliqué aux Combs-la-villais présents qu’il avait souhaité voir s’installer le T-Zen, dans notre commune, dès sa création. Et qu’il inscrivait dans le Projet d’Aménagement et de Développement Durables son arrivée près de l’Ecopole. Faisons le point sur cette question !

T-Zen : un mode de transport moderne

Le T-Zen est un réseau de bus francilien sur site propre (possédant une voie dédiée), géré par Île-de-France Mobilités. En octobre 2009, le Syndicat des transports d’Île-de-France (STIF) annonce sa création et lance les travaux de la ligne 1 reliant Lieusaint / Moissy (Sénart) à Corbeil-Essonnes. D’autres lignes ont suivi.

Stations desservies par le T-Zen 1

Les premières lignes de T-zen numérotés de 1 à 5 sont des lignes desservant de nombreuses communes sur plusieurs départements. Les lignes 1, 2 et 4 concernent le raccordement de notre agglomération Grand Paris Sud (GPS) avec des communes de GPS ou des communes voisines comme Melun.

Plan du T-Zen 2 reliant Lieusaint à Melun

De nouvelles lignes sont à l’étude mais la réalisation sur site propre est coûteuse et contraignante. Cependant, le T-Zen offre de nombreux avantages. En particulier, il est facilement transformable en ligne de tramway et il a été conçu pour être prioritaire aux feux. Les stations du T-Zen sont distantes d’environ 500 mètres l’une de l’autre et sont le plus souvent équipées de parcs à vélos. Modernes, ces réseaux sont adaptés aux personnes à mobilités réduites, ce qui est appréciable et ne fait pas regretter l’offre des lignes du métro parisien qui sont toujours particulièrement inadaptées et inaccessibles au PMR.

T-Zen : un concept en site propre :
La voie dédiée est le gage d’une très grande régularité *
(pas d’aléas lié à la circulation). 

Et Combs alors ??

Combs-la-Ville est la grande oubliée du T-Zen et et se retrouve à l’écart de toutes les connexions de transports publics. La ligne 1 ne relie pas Combs au Carré Sénart ni également en bout de ligne à Corbeil-Essonnes. Tout comme le T-Zen 2 ne relie pas Combs à Melun.

Plusieurs faits sont à prendre en compte pour comprendre l’absence de T-Zen sur notre commune :

  • 1 La lecture de Rencontre au moment de sa création nous donne une première explication :

Le comble, à ce niveau, est atteint lorsque la même opposition, aujourd’hui représenté au sein de la majorité du Conseil Régional, conteste le tracé acté depuis plusieurs années du futur tram-bus de l’agglomération…

Rencontre, n°109, mai 2010, Édito p.3 de Guy Geoffroy

Il faut savoir qu’en 2010, Philippe Sainsard, responsable de l’opposition municipale était également membre de la majorité au Conseil Régional. Il souhaitait que le T-Zen desserve notre commune. Dans cet édito de mai 2010, Guy Geoffroy critiquait l’opposition municipale de l’époque car le maire ne contestait pas le tracé du T-Zen à l’époque. Tracé qui laisse depuis 2010 notre commune sans relation directe avec Melun et son hôpital (notre hôpital de secteur), ne relie pas directement la commune au Carré Sénart et à Corbeil-Essonnes. Il considèrait donc que le tracé qui ne passe pas par Combs-la-Ville était le bon. Il se positionnait en politique opposant deux partis politiques (UMP/LR au PS) et non pas comme maire défendant les intérêts de ses administrés ;

  • 2 Le deuxième élément à prendre en compte concerne l’absence d’opposition de Guy Geoffroy à ce tracé au sein des instances décisionnaires ;

Il faut savoir que, en 2010, Guy Geoffroy était député-maire et que sa parole avait donc, sans doute, davantage de poids que maintenant. De plus, dans la prise de décision, notre commune pesait très fortement au sein de l’agglomération de l’époque qui était plus petite (syndicat d’agglomération nouvelle de Sénart-Ville Nouvelle). Il n’a donc rien fait pour bloquer le projet en l’état alors qu’il en avait le pouvoir.

Arrêt du T-Zen, ligne 1
  • 3 La troisième explication nous a été donnée par Philippe Sainsard.

Conseiller régional entre 2010 et 2015, membre, à l’époque du conseil d’administration du Syndicat des transports d’Ile-de-France (Stif), Philippe Sainsard souhaitait obtenir une modification du tracé du T-Zen afin que notre commune puisse bénéficier de ce mode de transport. L’étude de faisabilité avait évalué que le coût de raccordement de Combs-la-Ville serait très élevé par rapport à ce qui avait été engagé initialement puisque cela n’avait pas été pris en compte dès le départ du fait que notre commune ne souhaitait pas y souscrire.

Rencontre, n°109, mai 2010, p.22,
Article de l’opposition conduite par Philippe Sainsard

Le maire de Combs n’y était pas favorable car, à une époque où la question de l’insécurité était au cœur des débats politiques (et l’est toujours), on allait faciliter les déplacements entre des quartiers à mauvaise réputation (Les Tarterêts par exemple) à notre commune.

Est-ce réalisable malgré cette occasion manquée ?

Depuis 2010, les diverses campagnes électorales ont remis sur le devant de la scène la question du transport et donc celle concernant le T-Zen pour notre commune. Cette proposition de raccordement apparue dans le cadre du PADD pose la question de sa faisabilité aujourd’hui.

L’une des difficultés techniques repose sur le passage du T-Zen de l’autre côté de la voie ferrée pour pouvoir le raccorder à Lieusaint. Cela suppose de modifier l’ouvrage d’art en place afin de passer sous la francilienne. Ce qui est couteux.

Le maire souhaite maintenant que le T-Zen arrive au niveau de l’Ecopole. Cette proposition nous semble insuffisante.

Il serait nécessaire que la ligne du T-Zen se prolonge jusqu’au niveau des arrêts de bus de la gare afin que notre commune soit réellement connectée. Fixer la tête de ligne à la périphérie de la commune, comme semble le proposer le maire, n’est ni judicieux ni satisfaisant. Cette solution nécessiterait de prendre le bus pour rejoindre l’Ecopole à la gare.

Il suffirait que le T-Zen ne soit plus sur site propre sur les deux kilomètres qui séparent l’Ecopole de la gare. Rien d’impossible puisque ce type de bus peut rouler sur une voie normale. Ce qui est déjà le cas à l’arrivée de Corbeil qui effectivement se retrouve dans le trafic routier classique près de son terminus.

En conclusion, un projet possible mais coûteux qui demandera des adaptations et surtout de très longues années avant de voir un T-Zen circuler à Combs. Tout cela parce que nous avons manqué cette occasion unique de participer à un projet auquel le maire ne croyait pas et dont il ne voulait pas en 2010 !

BOXY contre Commerces Combs-la-Villais

La majorité municipale en veut-elle au petit commerce ? On peut se le demander. Après avoir favorisé l’installation d’enseignes de la grande distribution en périphérie de la commune (Zac de l’Ormeau et ZAC de l’Ecopole), dont la chaine de boulangerie Ange dans l’Ecopole, la majorité vient d’autoriser l’installation d’une supérette automatisée sur l’espace public, en plus. Quelques informations utiles pour se faire une opinion…

Une entaille dans le futur PLU et son PADD !!

Quelle n’a pas été notre surprise de découvrir, le 29 juin dernier une décision du maire et de sa majorité favorables à l’implantation d’une « Boxy-supérette connectée » sur le parking de la gare. À la lecture de cette décision, nous sommes restés coi ! Nous n’en avions jamais entendu parler auparavant, ni lors des conseils municipaux, ni dans le conseil de quartier Est. Une fois n’est pas coutume, pourriez-vous penser ?

Une décision prise sans explication alors que quelques semaines plus tard, le 14 septembre, le maire dévoilait le PADD (Projet d’aménagement et de développement durables) qui ne semble pas aller dans le sens de ce type d’implantation. Comme en 2010, Le PADD se veut être garant de la sauvegarde et du développement des petits commerces de la commune. En effet, le PADD, voté en septembre dernier, souhaite équilibrer et diversifier l’offre commerciale à l’échelle de la ville (PADD, p.15) et précise :

  • « Tirer parti des linéaires et polarités commerciales existantes pour en garantir la pérennité et conforter le rôle des polarités à l’échelle des quartiers » ;
  • « Renforcer les polarités commerciales et créer une complémentarité et des connexions entre elles » ;
  • « Encourager la présence du commerce de proximité ».
Boxy installée à l’entrée de la gare de Combs,
La plantation d’un arbre n’aurait-il pas été plus utile ?

Un catalogue de bonnes intentions difficilement compréhensibles « qui ne mangent pas de pain ».

Or, les questions qui se posent à une commune qui cherche à développer l’offre commerciale via une supérette automatisée sont les suivantes :

  • Cette installation répond-elle à un besoin ?
  • La mise en place de ce type de Boxy est-elle complémentaire des commerces existants à proximité de la gare et encourage-t-elle la présence du commerce de proximité de ce quartier ?
  • Ce type de commerce est-il adapté à une commune de 23 000 habitants qui cherche à revitaliser son commerce de proximité ?
  • Qu’apporte ce type de commerce en terme d’emploi ?

Une réponse inadaptée à la revitalisation des commerces de la ville

Ce type de distributeur « géant » peut effectivement rendre service à des travailleurs qui rentrent très tard le soir et qui sont à la recherche de pain ou de produits de base. Mais est-ce une raison suffisante pour en installer une ?

Rencontre, N° 231, octobre 2022, P. 9

Pour légitimer cette installation, le premier argument donné dans le Rencontre du mois de septembre est que cela ne coûte rien à la ville. En fait, cela rapportera même quelques sous puisque cette installation a été réalisée dans le domaine public en lieu et place d’une zone enherbée.

Décision N°2022/175-C

Le second argument avancé par la municipalité est que cette offre est complémentaire de l’offre existante. Certes, aucun de nos commerces n’est ouvert la nuit. Mais ce commerce, sans employés et connecté, est AUSSI ouvert le jour alors que les autres commerces le sont dans le quartier le long des rues de Quincy et de la République : boulangeries, supermarché Carrefour Market, etc. Cette concurrence qui ne peut qu’inquiéter nos commerçants qui sont déjà peu nombreux et fortement concurrencés par les enseignes installées en périphérie !

Réalisé dans un container,
ce type de supérette est installé
et mis en service en un temps record.

À une époque où le lien social est distendu, ce type de commerce « sans âme » loet sans contact humain, n’apporte pas d’emploi à la commune et ne renforce ni le commerce de proximité, ni la polarité commerciale d’un quartier.

SMS reçu par de nombreux
Combs-la-Villais sur
leur smartphone

Avec une certaine forme d’agressivité commerciale, la réception d’un tel message a pu en surprendre plus d’un. Il s’agit bien d’une concurrence relativement féroce, de jour comme de nuit, faites aux autres commerces plus traditionnels de notre commune.

Un concept pour les campagnes sans commerce !!

Cette installation est contestable puisque ce concept a été dévoyé de son objectif initial. La start-up ….a conçu ce type de boutique connectée pour répondre aux besoins vitaux des villages qui ont perdu leurs petits commerces de proximités. En effet, dans une localité rurale, la fermeture de l’épicerie ou de la boulangerie laisse sans solution des quantités de personnes qui ne peuvent plus se déplacer. Et en tout premier lieu les personnes âgées. Donc pourquoi pas ? Cela semble, à-priori et dans ce cas précis, une idée louable. Mais est-ce-le cas chez nous ? La commune de Combs a-t-elle été désertée à ce point par les commerces traditionnels ?

Son objectif : ramener une forme de commerce de proximité dans les zones désertées par les commerces traditionnels, grâce à ses magasins faciles à déplacer, fabriqués à moindre coût, et qui fonctionnent sans employés de caisse (…) Ce format peu esthétique a le mérite de permettre à la jeune pousse de s’installer facilement et rapidement dans des zones pauvres en commerces, son cœur de cible. « Nous voulons recréer un usage de proximité pour toute une partie de la population qui en est dépourvue« , explique à La Tribune David Gabai, un des deux cofondateurs de Boxy.

François Manens, La Tribune, 29 Avril 2022

Très vite l’appétit de développement de cette société a été exponentiel. En mai dernier, les communes franciliennes accueillant l’installation du concept dépassaient la trentaine. Une d’entre elles est Varennes-Jarcy, commune manifestement en manque de commerces. L’objectif recherché par « Boxy » est d’atteindre 60 installations à la fin de l’année 2022 en France.

A Varennes-jarcy :
une Boxy moins basique avec un habillage bois,
une exigence du maire de cette commune !

Notre majorité est donc novatrice, une fois de plus, pour accueillir des entreprises robotisées (Chronopost, mais c’est heureusement du passé !) ou automatisées. Un choix qui n’est ni utile, ni judicieux pour sauvegarder emplois et petits commerces de centre-ville dans une commune de 23 000 habitants. La prochaine fois que notre maire vous parlera « défense de l’emploi », vous saurez quoi lui répondre !

A l’intérieur près de 250 produits :
Sodas, gâteaux, bonbons… et même
des boissons énergisantes qui, comme
tout le monde le sait, sont des produits de base !

Inesthétique, ce type de commerce viendra grossir la masse de commerces déjà ouverts sur Combs qui favorisent la « malbouffe » et la chute inexorable des commerces survivants. Pourvu que cela cesse et qu’enfin, une vraie revitalisation soit menée, comme cela a été le cas en quelques années à Brunoy et dans plusieurs communes voisines…

POLLUTION LUMINEUSE : ouvrir le débat à Combs !


Après des décennies d’une fuite en avant irresponsable, décennies marquées par un vrai entêtement à ne jamais aborder la question, il est temps que nos élus travaillent à revenir à des solutions plus respectueuses de l’environnement tout en étant mieux adaptées aux besoins réels des habitants. Augmentation des coûts de l’énergie et transition écologique vont nous y contraindre. Même Guy Geoffroy, le président des éco-maires !

Pollution lumineuse et futur PLU : peu d’engagements réels !

L’une des solutions est la réduction drastique de la pollution lumineuse générée par notre éclairage public, les enseignes lumineuses et les devantures de magasins.

Observé de l’espace, un fléau qui s’affirme
chaque jour davantage : la pollution lumineuse.

Il était permis d’espérer que le PADD (Projet d’aménagement et de développement durable), qui définit les orientations pour les 10-15 prochaines années, allait être porteur de bonnes nouvelles en matière de lutte contre la pollution lumineuse. Loin d’être volontariste le PADD montre en fait les limites de l’engagement écologique de notre majorité sur cette question.

Que dit le PADD au sujet de la trame noire (zone limitant la lumière artificielle) :

PADD, Septembre 2022 version 6, P.9 :
deux lignes pour traiter du sujet sur 20 pages

La solution envisagée est donc de créer une trame noire dans les espaces verts de la ville (trame verte) et le long de l’Yerres (trame bleue).

Quelle nécessité d’imposer à un arbre la présence d’un lampadaire
jusque dans ses branchages ?
Pourquoi lui voler l’alternance jour/nuit
dont la nature et la biodiversité ont tant besoin ?

Bref, cette réponse minimaliste du PADD ne répond pas aux enjeux de la préservation de la biodiversité et de la santé des habitants :

Les conséquences sur le vivant sont dramatiques :

  • 50 % des mammifères et 95 % des papillons sont affectés par la pollution lumineuse ;
  • Les insectes meurent autour des lampadaires (seconde cause de mortalité des insectes après les pesticides). Perte de 80% de notre « patrimoine » insectes en l’espace de trois ou quatre décennies ;
  • Les végétaux sont affectés : les fleurs éclairées par une lumière artificielle nocturne connaitraient, selon une étude, 62% de visites en moins par les pollinisateurs ;
  • Les troubles du sommeil chez les animaux comme chez les humains sont de plus en plus fréquents (développement de pathologies et de troubles dépressionnaires).

Les termes du débat pour agir à Combs et à GPS …

Le réchauffement climatique, la diminution de la biodiversité doivent nous amener à changer de paradigme.

En France, il existe déjà quelques règlementations contraignantes sur les extinctions en milieu de nuit. Malheureusement, elles sont insuffisamment connues et appliquées. Ou, tout simplement, insuffisantes pour apporter une réponse valable à la pollution lumineuse.

Quelle nécessité d’illuminer notre grand parc public à 23 heures ?
Absolument aucune !
Ce n’est pas ce que demande la biodiversité (apparemment) si chère à notre maire !

Notre agglomération dispose d’un groupe de travail sur l’énergie. Ce dernier concentre ses efforts sur la question de la sobriété énergétique afin de réduire la facture de la collectivité dans une période où les coûts explosent. La consommation électrique liée à l’éclairage public représente entre 40 et 60 % de la consommation totale d’électricité des communes (un gisement important d’économies pour les collectivités locales). Le surcoût de la seule facture énergétique de GPS va être de 11M€ de plus en 2023.

Quelle nécessité d’illuminer le centre commercial
de l’Abreuvoir à 23 heures ?
Absolument aucune !

En adaptant les installations actuelles, l’économie réalisée pourrait avoisiner 40 % de la facture. C’est précisément ce qui est en cours de réalisation dans notre agglomération, compétence de GPS. Les vieux lampadaires boules laissent peu à peu la place à des lampadaires LED efficaces qui ne renvoient pas la lumière vers le ciel ! Mais le problème est que les LED diffusent une lumière plus puissante évaluée à 30% supérieure en intensité aux lampes de nos anciens mâts. Installer des LED moins puissantes lors des remplacements de lampadaires semble donc être une solution qui s’impose indiscutablement !

Plusieurs communes de notre agglomération mènent maintes expériences et sont capables d’en tirer des leçons en particulier en ce qui concerne la sécurité des habitants qui n’en a pas été affectée :

Éclairage classique au sodium.
Sur les principaux axes : et si nous nous en passions
entre 23 heures et 6 heures du matin ?
  • A Cesson, l’éclairage public est éteint 20 minutes après le passage du dernier RER et n’est allumé que 20 minutes avant le premier RER.
  • A Tigery, les chemins piétonniers sont éteints de nuits mais s’allument par groupe de 3 mats au passage d’un piéton.
  • A Morsang-sur-Orge,l’éclairage public a été réduit de moitié !
  • A Corbeil-Essonnes, des expériences sont menées sur quelques rues (diminution de 30-50% de l’intensité de l’éclairage). Un parc et une zone commerciale ne bénéficient d’aucun éclairage…
  • A Lieusaint, la puissance lumineuse passe de 70% à 30% après 23heures et des chemins piétons sont gérés comme à Tigery…

Mais est-ce suffisant ? Nos élus et les responsables des services techniques municipaux semblent le plus souvent sensibles aux seuls arguments économiques. Or le débat doit dépasser la seule question financière. C’est l’avis du maire de Corbeil-Essonnes, élu en 2020, lors du conseil communautaire du 31 mai 2022, (délibération n° 15).

On a des éclairages bien trop importants dans des zones qui font souffrir et les habitants et la biodiversité. On est preneur de se mettre dans un groupe de travail pour baisser le volume d’éclairage de notre ville…

Intervention de Bruno Piriou, Maire de Corbeil-Essonnes, Conseil communautaire du 31 mai 2022

Éclairer intelligemment signifie avant tout adapter l’éclairage public à nos besoins réels, c’est-à-dire éclairer quand on en a besoin, à la bonne intensité, et au bon endroit. Voire totalement s’en passer selon le contexte.

Quelle nécessité d’illuminer un kiosque à musique
qui ne donne jamais de concert et est désert à 23 heures ?
Absolument aucune !

La réflexion doit donc tout d’abord amener nos responsables à réfléchir aux lieux d’éclairage : Est-il nécessaire d’éclairer toutes les zones d’une ville de la même façon ?

En guise de conclusion …

La meilleure décision, la plus simple, la plus économique est bien d’interrompre l’éclairage public entre 23h et 6h du matin comme cela était le cas partout en France voici encore une cinquantaine d’années. Tout le monde s’en portait fort bien et personne ne s’en plaignait.

Notre maire est le seul à pouvoir prendre la décision de couper l’éclairage public. Aujourd’hui, plusieurs centaines de ses collègues ont franchi le pas. Pourquoi Guy Geoffroy ne les imite-il pas pour mériter enfin son titre de président des éco-maires de France sur ce seul thème de la pollution lumineuse ?

PADD : nos craintes étaient fondées !!

La semaine dernière, nous avions traité du devenir de nos zones d’activités en fonction des orientations du futur PLU. Poursuivons notre analyse et reprenons le PADD de 2010 pour dresser le bilan des engagements pris il y a 12 ans. Et regardons d’un peu plus près ce qui concerne la ville elle-même.

Acte 2.2 : Comparer et analyser

2010/ 2022, deux PADD successifs d’une même vision politique

Le PADD de 2010, comme celui de 2022, ne s’appuie pas sur une analyse d’urbanistes indépendants. Les orientations proposées par les urbanistes mandatés ne font que traduire la volonté politique de la majorité. Elles consistent à légitimer les projets de la majorité pour densifier et aménager le développement du territoire communal selon leur propre vision. Ce qui est pratiquement toujours le cas dans nos communes en France.

PADD 2010, P.18 Renforcer l’axe de centralité :
un vœux pieux traduit sur le terrain
par une bétonisation incohérente

L’analyse du diagnostic et du PADD de 2010 montre que les orientations ne faisaient que conforter les futurs projets de la majorité municipale : densification à travers les programmes immobiliers selon trois axes majeurs (gare/marché -place an 2000/ Brandons -Mairie/église). S’ajoutaient l’aménagement de l’Ecopole, celui de l’entrée Nord-est de la ville (ferme des Copeaux), le centre éducatif fermé et la construction de l’EHPAD « Les Patios ».

PADD, 2010, P.22, « une limitation »
dont on connait les résultats aujourd’hui

Le PADD ne définit que des orientations. Seules les règles d’urbanisme inscrites dans chaque zone du PLU sont essentielles pour fixer ce qui est autorisé et ce qui est protégé. Cela nous invite à être exigeant lors des phases ultérieures de la révision.

Ainsi, le PADD de 2010 ne faisait pas mention du projet qui aura marqué le précédent mandat, à savoir la construction d’un vaste programme immobilier en lieu et place d’un hectare et demi du parc Central. C’était même le contraire : le PADD était censé conserver, dans son orientation, le parc Central :

Le parc Central réalisé dans le cadre de la ZAC Centre a une vocation d’espace de loisirs et de détente qu’il convient d’affirmer en se laissant éventuellement la possibilité d’y implanter des équipements de loisirs de proximité complémentaires.

PADD, 2010, P.25

Autres exemples de réalité contradictoire et de programmation non tenue, celui de la place du vélo dans la ville (presque rien n’a été fait), de la création de liaisons douces paysagères inter-quartiers, d’implantations de petits commerces dans la rue Sermonoise (reconstitution d’un tissu commercial de centre-ville oublié du fait du développement périphérique)…

PADD 2010, P.9

En 2022, le PADD est une fois de plus un catalogue de vœux pieux. Mais comme en 2010, il inscrit les futures orientations de densification dans le cadre du renouvellement urbain en le justifiant par la nécessité de « préserver la complémentarité des polarités » (un vrai charabia !). De plus, la majorité municipale souhaite renforcer les polarités commerciales et créer une complémentarité et des connexions entre-elles. Mais comment cela va-t-il se traduire dans la réalité ?

Guy Geoffroy a une idée fixe : il tient absolument à créer un champ de foire. Comme si cela était une priorité ! Or la situation de nos équipements communaux est plus que préoccupant et mériterait que l’on se concentre sur eux qui sont si essentiels à la vie quotidienne des habitants. Le PADD parle de tension dans les établissements scolaires dépendant de la commune. Et cela ne va pas s’arranger avec l’augmentation de la population et les changements qui s’opèrent dans notre société.

Enfin, le PADD prévoit la création d’une maison de santé sur un des derniers terrains encore libres appartenant à la ville alors que nous pourrions imaginer d’y créer une réserve de biodiversité, un parc public avec aire de jeux…La maison de santé se fait attendre depuis plus de 10 ans par les Combs-la-Villais mais elle peut facilement trouver sa place vers l’Ormeau, tout comme elle aurait été parfaitement bien placée en lieu et place de l’ancien Intermarché…

Densifier certaines zones résidentielles !

Intéressons-nous davantage à la densification des quartiers de la commune. Que nous dit le PADD ? A la page 7, dans un jargon dont on appréciera toute la finesse, qu’il faut limiter et maîtriser la densification « en encadrant la dynamique du renouvellement urbain à proximité des polarités et de la gare ». Ouf ! En termes plus clairs, cela veut dire limiter l’étalement urbain au sol, en créant et en concentrant de l’habitat dense sur certaines zones de la ville et pas sur d’autres. Donc de remplacer de l’habitat ancien par de l’habitat neuf, plus dense. Autrement dit : par de l’habitat collectif. Autrement dit : par du béton, encore du béton !

En apparence, le PADD insiste sur la maîtrise de la densification et de l’augmentation de la population, donc sur l’arrêt de la bétonisation…Dans la réalité, le PADD fait le choix de densifier certaines zones afin d’augmenter la population de 1000 à 1500 habitants. Mais comment ? Et sur quel quartier ?

Densification en cours : Les nouveaux Brandons.
Les espaces verts et de repos ont disparu !

Le maire nous a assuré lors de la présentation publique du 14 septembre 2022 que le quartier Beausoleil serait désormais épargné et que l’avenue de Quincy ne développerait plus de gros programmes immobiliers comme ce fût le cas ces 15 dernières années. Il n’y a plus de pavillons à détruire côté RER ! Il ne reste qu’un seul côté à préserver, celui du quartier de Beausoleil, quartier connu pour être électoralement favorable à la majorité municipale. Pour autant, comme il l’a dit lui-même la construction de petits immeubles ne pourrait être empêchée si plusieurs propriétaires vendaient à un promoteur – argument derrière lequel il se cache systématiquement.

Densification en cours rue Sommeville

Rien n’a été dit, durant cette réunion publique, au sujet de la rue de la République, de la rue Varennes et de ce qui reste de la rue Sommeville. Serait-ce les zones à densifier en priorité comme nous le constatons déjà depuis de nombreuses années ? Nous pouvons le penser en regardant la carte synthèse du PADD qui prévoit une densification à proximité des polarités et de la gare.

De fait, il est à craindre que la dynamique de densification, impulsée depuis longtemps par la municipalité et ses partenaires promoteurs, se prolongera encore à travers de nouveaux programmes immobiliers, lesquels, nous dit-on, devront privilégier les petits appartements pour des jeunes, des couples avec ou sans enfants, des familles monoparentales mais « en cohérence avec les capacités des voiries et des réseaux » …

Densification en cours : rue des vallées

Et lorsqu’il s’agit des polarités, prenons le seul exemple de l’Abreuvoir qui est présenté comme étant une zone de densification possible. Que faut-il comprendre ? Qu’il faut s’attendre à l’implantation d’un important programme immobilier sur l’ancien centre de loisirs du Chêne ? Et pourquoi ne pas permettre (sinon susciter…), un jour, à la place du centre commercial de l’Abreuvoir une opération de renouvellement urbain ? Nous devons donc rester vigilants et comprendre quelles sont les zones de densification et les règles que l’on veut nous imposer.

Verdir davantage et préserver le patrimoine …

Nul doute que nous sommes favorables à la protection de notre patrimoine, chose que le maire trouvait encore inutile en 2018 lors de la modification du PLU opérée en lieu et place de sa révision. Certes, les mots et verbes utilisés dans ce PADD, qui sont répétés sur les 20 pages de ce petit dossier, semblent rassurants et dans l’air du temps : « préserver… protéger… conserver… garantir… limiter… maîtriser… végétaliser… ». En bref, tout ce qui a déjà été promis mais qui n’a pas été mis en application depuis 2010.

Est-ce à dire que l’on s’interdit de détruire la nature pour créer des lotissements résidentiels. Ce qui est plutôt bien. Mais cela semble permis au nom du « développement économique » ! Logique : la biodiversité, chacun le sait, n’appréciant pas d’être maltraitée au nom de l’urbanisation résidentielle mais l’acceptant avec grâce pour les zones industrielles !

Ainsi, le PADD poursuit la vision de 2010 en permettant d’artificialiser près de 45 hectares de terres agricoles alors que dans le même temps, le futur PLU va limiter la création de lots arrières pour construire des maisons dans les quartiers pavillonnaires alors qu’il va faciliter le remplacement de l’habitat ancien par de l’habitat collectif. Discours un peu contradictoire qui fait peser sur les seules propriétaires la responsabilité de conserver des ilots de fraicheur alors que la commune continuera d’artificialiser les terrains qu’elle possède comme celui du centre de loisirs du Chêne ou encore celui dit de « Galilée ».

Reste donc à connaitre le cadre réglementaire qui va permettre de mieux encadrer notre développement urbain et économique ? En attendant, nous émettons de fortes réserves sur ce qui a déjà été présenté aux Combs-la-Villais, nos craintes s’avérant fondées. Mais faut-il s’en étonner…

PLU : les jeux sont faits, rien ne va PLUS

ACTE 1 : Parlons diagnostic

Première étape de la révision du PLU, le diagnostic de l’état de notre commune est fondamental pour déterminer les orientations à prendre pour un développement urbain réussi. Cela nous permet, avant la réunion publique du 14 septembre prochain (présentation du Diagnostic et l’état initial de l’environnement de la commune) de vous communiquer nos premières remarques à ce sujet.

Il était temps !!

Le 24 janvier 2022, la délibération n°4 du conseil municipal lançait la révision du PLU. Le nouveau PLU sera opérationnel en 2024. Cette révision avait été promise par Guy Geoffroy et sa majorité municipale lors de la campagne électorale de 2014. En effet, dès cette époque, de nombreuses voix s’étaient élevées contre la destruction de notre patrimoine architectural et paysager et contre la bétonisation en cours dans les rues de Quincy, de Sommeville, de la République… Nous aurions pu croire et espérer que le maire en tiendrait compte en entamant sa nouvelle mandature. Il n’en a rien été !

A peine entamé, le mandat 2014/2020 de Guy Geoffroy était marqué par le lancement de nombreux programmes immobiliers dont l’un de plus beaux fleurons aura été ce qui sera réalisé derrière la piscine, détruisant du même coup un hectare et demi du parc Central. Un projet « ficelé », « bouclé », financement compris, à la fin de la précédente mandature et qui fut tout simplement gardé sous silence durant la période électorale. Manifestement, Guy Geoffroy n’envisageait pas de respecter sa promesse…

Programme électoral 2014 de Guy Geoffroy,
une promesse vite oubliée !

De même, malgré les engagements pris, le dossier de modification du PLU n’avancera pas d’un pouce pendant la même période de gestion des affaires par Guy Geoffroy. Rien non plus n’est engagé en 2020 et 2021 après sa réélection, en utilisant le motif trop utilisé que la Covid ne le permettait pas. Il attendra donc janvier 2022 pour lancer la révision tant attendue.

2014 – 2024, les années passent et toujours pas de nouveau PLU. Dix ans de plus pour bétonner sans contraintes réelles, permettant ainsi la réalisation de nombreux programmes immobiliers et la destruction de nombreux espaces comme celui du Haut du Breuil.

Document de campagne de Guy Geoffroy de 2014 :
des promesses garanties non respectées

Réviser le PLU, cela signifie tout d’abord : mandater un bureau d’étude d’urbanisme pour pouvoir en gérer les étapes obligatoires voulues par la loi et assurer la rédaction du cadre réglementaire. Chose faite et lancement de l’étude lors du conseil municipal fin janvier 2022.

En septembre 2022, nous en sommes à l’étape
de validation du PADD lors du prochain
conseil municipal du 26 septembre

De fortes interrogations sur la méthode de transmission des informations

Le diagnostic a un objectif clair. Il permet de disposer d’un état des lieux de la commune et d’analyser divers paramètres essentiels que sont la population, l’habitat, le logement, l’environnement et les espaces verts, le patrimoine architectural et urbain, les équipements publics, les déplacements urbains… Il s’agit donc d’un document essentiel, incontournable et, surtout, qui doit être amplement partagé par la population…

Le diagnostic a été remis par le bureau d’étude à la majorité municipale dès le printemps 2022 à une date que nous ignorons. De toute les façons, nous n’en avons pas eu communication (ni l’association « Ensemble autrement », ni les membres élus du groupe « Agissons pour combs »). Il n’a été rendu public sur le site de la commune que le jeudi 8 septembre dans une forme provisoire… alors que la réunion publique aura lieu le 14.

Document provisoire ? Comment est-ce possible
alors que la phase suivante est engagée et
sera votée en conseil municipal dans 15 jours ?

Pourquoi ne pas communiquer le diagnostic en toute transparence ? Le groupe « Agissons pour Combs » en ont fait la demande orale en commission puis par courriel au maire. La réponse donnée par la directrice du service de l’urbanisme de notre commune a été la suivante : « il faut que nous le mettions en forme ». Incroyable réponse, sachant que le rapport une fois payé et livré par le bureau d’étude sur le bureau du maire est forcément mis en forme… Quand on bâtit une maison et que l’on arrive à la charpente, les fondations sont terminées. Elles ne sont pas provisoires ! Le diagnostic est la fondation du PADD. Faut-il donc que la communication de ce diagnostic pour préparer la réunion publique et la séance du conseil municipal ne soit limitée qu’à une synthèse incomplète ?

Par comparaison, le diagnostic fait pour la révision de la commune de Brunoy fait 139 pages avec des cartographie claires et précises. Celui qui nous a été communiqué pour le moment ne fait que 31 pages. Le reste viendra sans doute, mais quand ?

Alors comment juger de la pertinence des réponses à faire dans le PADD (phase 2) : Projet d’aménagement et de développement durables) sans avoir pu analyser la phase antérieure du diagnostic dans sa globalité ?

Un diagnostic résumé dans la délibération de janvier

Non seulement le diagnostic n’a pas été communiqué dans sa totalité (31 pages) mais il semble bien que le rapport remis à la commune se base sur les 18 objectifs définis dans la délibération n°4 de janvier 2022. Un véritable et banal « copier/coller » de la seule vision que se fait la majorité municipale du devenir de notre commune

En effet, ce diagnostic occulte par exemple la question de nos équipements publics. Seulement trois lignes de termes vagues et généraux pour l’évoquer et aucun bilan donné sur la période 2010-2022 :

Nul bilan sur l’état des centres de loisirs, les aires de jeux, nos écoles, nos terrains de jeux et de sport, nos gymnases…et donc nul enjeu n’est précisé puisque cette question est absente. A croire que le cadre de vie et les équipements mis à disposition des habitants ne sont pas une priorité.

Nul doute que le bilan n’est pas positif. Nombreux sont nos équipements publics vieillissants et mal entretenus (c’est le constat fait pour les centres de loisirs par exemple), nos voiries en souffrance, nos aires de jeux déficientes, nos espaces verts rognés, nos nouveaux programmes immobiliers denses et pauvres en espace de jeux et de détente pour les habitants...Combien d’occasions manquées durant ces 15 dernières années pour donner une cohérence urbaine en favorisant l’émergence d’un centre-ville et redonner une fonction claire et affirmée aux différents pôles urbains ?

Diagnostic « provisoire », P.22

Le bilan démographique, quant à lui, ne prend pas en compte l’augmentation conséquente de la population qui sera réelle du fait des constructions en cours. Elles vont dans les deux ans accentuer les besoins en équipements, en espaces verts…Il manque d’ailleurs une cartographie de l’état de densification de 2010 à 2022.

Un exemple de cartographie sur la densification de Brunoy,
P.124, Diagnostic de 2016

Autre exemple : le diagnostic explique que Combs-la-Ville a 8 pôles commerciaux. Pourtant, la cartographie associée en donne 7 (P.24). Mais est-il possible de dire que le vieux pays est un pôle commercial alors qu’il ne reste qu’un boulanger, un tabac, un coiffeur et de la restauration rapide, tout cela disséminé d’une rue à l’autre ? Plus grave : à la page 25, l’analyse des urbanistes est surprenante. Il existerait selon eux, une « armature commerciale de centre-ville complète et complémentaire aux polarités de quartier ». A vous de juger ce mauvais jargon de bureau d’étude ! Et, surtout, à qui veut-on finalement faire plaisir ?

Cette tentative de diagnostic ne montre pas l’évolution de ces quinze dernières années : la ville rue a perdu ses commerces de proximité au profit du développement de zones d’activités accueillant, loin des quartiers d’habitation, des grandes enseignes.

Et sur les zones d’activités, il est certain que les urbanistes ne sont pas allés sur le terrain étudier le type d’activités de l’Ecopole car, selon eux, ces dernières sont « tournées vers les éco-activités ». Heureux de l’apprendre !

Pour finir, car l’analyse critique serait très longue, le diagnostic parle en une ligne des nuisances sonores aériennes. Selon le bureau d’étude nous serions « légèrement impactés ». La réalité est que nous sommes, ici, à Combs-la-Ville, de plus en plus « impactés » par le survol aérien, malheureusement !

En conclusion, un diagnostic lacunaire qui ne met pas en lumière les choix politiques de la majorité municipale des quinze dernières années. Choix qui ont modifié pour toujours notre paysage urbain et notre cadre de vie…

Suite de cette analyse dans l’acte 2 !