centre commerciale picasso

Commerces : Faire mieux et autrement

Alors que la crise frappe durement nos commerces et entreprises de quartiers, la politique municipale répond-elle aux enjeux ?

Bonnes intentions et communication

Quelles sont les actions menées par notre commune pour aider et soutenir nos entreprises et petits commerces ?

Tout d’abord une incitation à acheter dans notre commune « Je vis à Combs, j’achète à Combs ». Cela cible aussi bien les enseignes qui n’ont pas souffert du confinement que celles non essentielles en difficulté. Cette campagne était censée aider les petits commerçants et artisans de notre commune. Ce slogan montre de fait ses limites et ses incohérences. De plus, les zones périphériques sont également favorisées par ce slogan. Celui-ci ne fait pas de différence entre les petits entrepreneurs souffrant des conséquences de la crise et les entreprises florissantes à la situation financière mieux établie de la périphérie. Inciter à acheter dans les zones périphériques et dans des chaînes alimentaires qui ne sont pas en difficulté est donc contre-productif.

Ensuite, des actions municipales qui sont censées soutenir financièrement certains commerçants. Ce fut le cas de l’opération « Sapins solidaires  » qui en définitive relève davantage d’une l’opération communication aux objectifs confus. Il y eut également, entre le 7 et le 11 décembre, la distribution des colis de Noël aux seniors. La majorité municipale a sollicité les deux fleuristes de la ville pour qu’une petite plante fleurie soit associée au colis, opération louable et réussie. Enfin deux concours ont été également organisés. Les gagnants obtiendront en totalité 4 chèques cadeau de 100 euros utilisables dans les 15 salons de coiffure et d’esthétique de la ville. Le total de ces actions aura coûté moins de 4500 € à la commune. Or, les commerces de proximité contraints de fermer durant le confinement sont « en danger de mort ».

centre commercial de l'abreuvoir
Centre commercial de l’Abreuvoir

Pourquoi l’aide communale est-elle limitée à des actions de communication ?

Une ville en souffrance

Nos finances sont au plus bas et depuis plusieurs mois tous les budgets sont bloqués même si dans le même temps, les élus de la majorité ont voté l’augmentation des indemnités des élus (+54000euros/an). Plusieurs taxes sont revues peu à peu à la hausse. C’est le cas de la taxe locale sur les publicités extérieures qui peuvent affecter nos commerces ( taxe locale sur les enseignes et publicités extérieures (TLPE). Fi de concours ou commandes ponctuelles, nos commerçants ont besoin d’une véritable politique de la ville en faveur des commerces de quartiers.

En effet, les petits commerçants qui avaient survécu à la politique menée depuis 20 ans dans notre commune, sont en danger de mort. Les confinements, la perte de clientèle due au développement toujours plus important des zones périphériques comme celle de l’Eco pôle vont achever les derniers survivants. Les deux derniers fleuristes, nos coiffeurs ne savent pas comment faire pour s’en sortir. Dans certaines communes, certains maires ont proposé des aides pour favoriser le drive et soulager financièrement les petites entreprises. Ce ne fut pas le cas à Combs. Tout au contraire, les boulangers ont découvert comme nous tous, l’installation d’une boulangerie de la chaine Ange qui fait du « dumping » à l’aide de prix impossibles à suivre par nos artisans de quartiers.

Place de l'An 2000
Place de l’An 2000

Une vision alternative

Le constat est donc simple. Combs-La-Ville n’offre rien d’attirant pour les habitants et cela contribue à renforcer cette réputation de « ville dortoir ». Et pourtant son modèle d’organisation autour de 5 petits pôles commerciaux pourrait être un véritable atout alors que certaines personnalités politiques et de nombreux urbanistes se posent la question de la ville de demain. Déplacements, travail, taille de la ville, services de proximités conduisent à voir ses pôles comme autant de petits cœurs de village d’une ville polycentrique. Ce modèle était à l’origine même du développement de Combs-la-Ville. Mais la création de pôles périphériques a affaibli peu à peu les pôles de quartier. Ces mêmes pôles ont vu se développer des enseignes qui ont occupé peu à peu l’espace et remplacé les commerces de proximité.

Cela doit nous conduire à rejeter le modèle soutenu par le maire depuis plus de 20 ans . La ville est un tout et son développement doit se faire en cohérence. Ce n’est pas en agrandissant la surface commerciale au détriment des petits commerces que cela va sauver le centre Pablo Picasso. Il y avait autrefois 12 commerçants et services dans ce centre, il n’en reste que cinq aujourd’hui. Le projet risque à terme de ne laisser dans cet espace qu’une seule enseigne qui vendra fleurs, pains, magazines et il ne nous restera, une fois de plus, que des regrets.

centre commercial Pablo Picasso
Centre commercial Pablo Picasso

Nous devons donc cesser de développer la périphérie, soutenir et réhabiliter les pôles existants. Pour cela il faut favoriser l’installation de commerces et de services différents : boutiques éphémères de nos artisans et créateurs locaux, ventes de produits bio et de producteurs régionaux. Une ville verte qui doit cesser de croire, une fois de plus, que l’agrandissement d’un supermarché est la seule réponse possible. Une réflexion de fond, citoyenne et participative, doit être conduite pour repenser la ville de demain au sein d’une agglomération plus respectueuse de l’environnement, de la qualité de vie et du vivre ensemble, dans un objectif affirmé de développement durable.